
Jamie Coutts, analyste crypto en chef chez Real Vision, a déclaré qu'il ne considérait plus les risques liés à l'informatique quantique pour le Bitcoin comme farfelus. Il soutient que l'argument souvent avancé, selon lequel cette menace serait trop lointaine et affecterait inévitablement l'ensemble du système financier, simplifie à l'extrême la réalité et ignore les différences entre les structures centralisées et décentralisées.
Coutts a souligné que les grandes banques investissent déjà activement dans la recherche quantique, en constituant des équipes internes, en collaborant avec des développeurs et en intégrant l'adaptabilité à leurs systèmes. Bien qu'elles ne soient pas encore considérées comme résistantes à l'informatique quantique, les acteurs institutionnels commencent à se préparer aux problèmes bien avant qu'une menace réelle ne se manifeste. Bitcoin, en revanche, ne dispose d'aucun centre de décision unique, et toute modification nécessite une coordination longue et complexe au sein du réseau décentralisé.
D'après l'analyste, le problème majeur ne réside pas dans le calendrier d'apparition des ordinateurs quantiques, mais dans la nature du risque. Cette menace relève de la catégorie des événements à faible probabilité, mais aux conséquences potentiellement désastreuses. Coutts a souligné que les systèmes décentralisés sont particulièrement mal adaptés à la gestion précoce de ce type de situations, car ils ne disposent pas de mécanismes formels permettant d'imposer des changements préventifs.
D'après cet expert, le développement de l'intelligence artificielle, susceptible d'accélérer les progrès de l'informatique quantique, introduit également une incertitude supplémentaire. Dans ce contexte, Coutts souligne le fossé grandissant entre la confiance des développeurs et le comportement des investisseurs institutionnels. Même si certains acteurs du secteur technologique estiment à zéro la probabilité d'une menace quantique dans les cinq prochaines années, certaines institutions, explique-t-il, intègrent déjà ce risque dans leurs modèles.
En conclusion, l'analyste a relevé une asymétrie majeure. Les institutions financières centralisées peuvent anticiper et imposer des changements au système. Bitcoin, en revanche, doit convaincre la majorité des participants d'agir avant même que la menace ne devienne manifeste. Parallèlement, la hausse des prix renforce la confiance dans le système et réduit l'incitation à des mises à niveau préventives potentiellement coûteuses.
