
La société de courtage QCP Capital a publié son dernier rapport d'analyse, qui met en lumière les bouleversements survenus sur les marchés mondiaux la semaine dernière. Les analystes de la société constatent un net changement d'attitude des investisseurs, passant d'une propension au risque à une posture plus défensive.
Le Japon au cœur des turbulences mondiales
Le Japon est devenu le principal facteur déclencheur de l'instabilité actuelle. Après des décennies de taux d'intérêt proches de zéro, le rendement des obligations japonaises à 10 ans a atteint 2,29 %, un niveau jamais vu depuis 1999.
Cette croissance a mis en lumière de graves problèmes au sein des finances publiques japonaises. La dette publique du pays dépasse 240 % du PIB, atteignant près de 1 342 milliards de yens. Le service de la dette devrait absorber environ un quart des dépenses budgétaires totales en 2026.
La hausse des rendements remet en question la viabilité des finances publiques japonaises. Les effets négatifs se répercutent déjà sur les marchés obligataires mondiaux, faisant du Japon une source majeure de volatilité.
La guerre commerciale entre les États-Unis et l'Europe prend de l'ampleur.
Dans le même temps, les relations entre les États-Unis et l'Europe se sont détériorées. Le président Trump a imposé des droits de douane de 10 % sur les importations de huit pays européens opposés à l'annexion du Groenland par les États-Unis. Ces mesures entreront en vigueur le 1er février et, à compter du 1er juin, les droits de douane passeront à 25 %.
L'Europe a rapidement réagi par des contre-mesures, marquant le début d'une phase plus conflictuelle des relations commerciales. L'enjeu est de taille : les échanges bilatéraux entre les États-Unis et l'UE devraient atteindre environ 650 à 700 milliards de dollars en 2024.
Le Parlement européen envisage de suspendre l'approbation de l'accord commercial UE-États-Unis signé en juillet. Une telle mesure constituerait une escalade significative et compliquerait davantage les relations transatlantiques.
Le Bitcoin se comporte comme un actif risqué
Dans ce contexte, le Bitcoin reste sous pression sous la barre des 90 000 $, malgré un récent rebond à 97 000 $. La dynamique haussière peine à se consolider face à une baisse de l’appétit pour le risque et à une pénurie de liquidités.
Au lieu de servir de valeur refuge, le BTC se comporte comme un instrument à haut risque avec une forte sensibilité bêta aux taux d'intérêt, à la géopolitique et à la volatilité intermarchés.
QCP Capital souligne que, tant que des signaux politiques clairs n'apparaîtront pas, les cryptomonnaies suivront le marché plutôt que de le précéder. Actuellement, le marché privilégie la préservation du capital à la conviction de croissance.
L'avis de l'IA
L'analyse des tendances historiques révèle un parallèle intéressant avec la crise monétaire asiatique de 1997, lorsque le yen japonais s'est également retrouvé au cœur de turbulences mondiales. À l'époque, le débouclage massif des positions de portage avait entraîné un effet domino sur les marchés émergents – un scénario qui pourrait se reproduire aujourd'hui à une échelle bien plus importante en raison de décennies de faible valeur du yen.
L'histoire des guerres commerciales illustre un paradoxe : l'agresseur souffre souvent davantage que la victime. La loi Smoot-Hawley de 1930 a réduit les importations américaines de 40 %, mais les exportations ont chuté de 45 %. La mondialisation actuelle rend ces mesures encore plus néfastes : les entreprises européennes peuvent délocaliser leur production vers des pays tiers, ce qui entraîne une hausse des prix pour les consommateurs américains. Trump reproduit-il les erreurs d'Herbert Hoover, déclenchant une spirale déflationniste sous couvert de protection des intérêts nationaux ?
